Anémone des croisés et anémone écarlate

Autrefois cultivées dans des jardins en Normandie, deux formes rares d’anémone écarlate ont été redécouvertes…Les visites de jardins sont parfois l’occasion de merveilleuses surprises et les propriétaires ne connaissent pas toujours la rareté de ce qui pousse dans leurs bordures…

Curieuse anémone
Au mois d’avril alors que la végétation est encore engourdie, dans deux jardins, à Boissey et à Morteaux-Coulibeuf, s’ouvre une curieuse anémone. Une fleur éclatante, aux nombreux pétales rouge vif, parfois striés d’un peu de blanc, s’épanouit durant près de trois semaines.
Les gens d’ici l’appellent l’anémone «des croisés». Ce nom vient d’une légende attachée au château de Morteaux-Coulibeuf où elle est cultivée depuis toujours. Les propriétaires racontent que le château aurait appartenu à un chevalier parti délivrer le tombeau du Christ et qu’il aurait rapporté d’Orient cette plante rare.
Si ce jardin entoure une demeure médiévale, rien n’atteste du voyage de cette anémone à travers l’Europe jusqu’à ce jardin. Néanmoins la légende de cette fleur aux coloris éclatants est fascinante. Le Jardin Conservatoire de Saint-Pierre-sur-Dives conserve précieusement et l’histoire et la plante.

Anemone croisés (2)
L’anémone des croisés
L’anémone des croisés est l’anémone écarlate «à fleurs doubles». En 1885, dans son Catalogue des plantes bulbeuses, Vilmorin écrit : «  C’est l’anémone que l’on cultive dans l’ouest de la France sous le nom d’Anémone Œil de Paon. » On la retrouve dans de vieux jardins préservés autour de Caen, dans l’Orne. Quelques pépiniéristes collectionneurs la vendent sur les marchés.

L’anémone écarlate
Anémone écarlate (2)Lorsqu’en 1997, nous avions découvert l’anémone des croisés en Pays d’Auge, une grand-mère de Montviette nous en avait montré une autre dans son jardin, perdue dans le gazon, une petite anémone à corolle simple mais au rouge très intense. Pensant qu’il s’agissait d’une variation de l’anémone de Caen, nous avions juste réalisé un cliché et classé la photo. Mais voilà qu’elle réapparaît à l’occasion d’autres visites de jardins à Montviette, Bourguébus, Carpiquet et près de Flers. Les recherches nous mènent sur la piste d’une espèce botanique, l’anémone « écarlate », Anemona hortensis subsp. pavonina, plante sauvage présente dans les Pyrénées, en Aquitaine et jusqu’en Turquie. Cette espèce spontanée n’est toutefois pas très commune et ne se présente qu’en petites stations. Elle est décrite par Vilmorin qui précise qu’elle a été cultivée à Paris et dans l’ouest. Elle fut, en effet, proposée au catalogue de 1909 de A. Lenormand, cultivateur grainier à Caen.
Les internautes normands sont invités à nous communiquer la présence d’autres anémones en Normandie en utilisant l’espace « commentaire » du site.

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