Plantes poison

 Au jardin ou dans la haie, au milieu des plantes les plus communes, se glissent parfois un arbuste ou une fleur loin d’être innocents…
Certaines plantes peuvent être redoutables ! Et le meilleur moyen de se prémunir des accidents est de bien connaître les plantes et leurs dangers. Les anciens racontent l’usage malheureux de plantes toxiques…

Photo Rodolphe Murie
Photo Rodolphe Murie

Dans les parterres de fleurs autour de la maison, le muguet, dont on attend la floraison pour le premier jour de mai, est malheureusement un poison redoutable. Plusieurs accidents ont été recensés en Basse-Normandie. La fleur, la tige et surtout les fruits sont toxiques. Dans la haie, le fusain, remarquable à son fruit rose intense dont la forme étrange lui a valu le nom de « bonnet d’évêque », contient une amande blanche à la peau orange vif. Cette graine aux couleurs si attirantes à l’automne est toxique.
« La ciguë ressemble à du persil. Tu l’écrases avec les doigts et ça ne sent pas le persil !… » Au Breuil-en-Auge, Geneviève avoue : « J’ai honte :  je la confondrais avec de la carotte sauvage. »

Rue officinale
Rue officinale

 

Moins commune et moins connue, la rue était cultivée dans les jardins comme plante contraceptive à l’époque où la médecine ne proposait pas de contraceptif. Son usage en était dangereux car les femmes ignoraient le dosage qui convenait. A Montviette, vers 1930, une grand-mère en cultivait dans son jardin et la préparait pour ses filles un peu volages…

Photo Rodolphe Murie
Photo Rodolphe Murie

 

Le prunellier, l’épine noire ou le « bois de guerre » comme l’appellent les anciens, est un arbuste commun dans les haies du Pays d’Auge. Madeleine explique : « Si tu te piques avec une épine noire, ça s’envenime comme si le bois était infecté. » Et Roger ajoute : « La piqûre d’épine, surtout quand elle est en sève, il y a rien de pire… » Des témoignages plus récents montrent que certains y ont perdu l’usage d’un doigt. Près d’Orbec, Pierre se souvient qu’une grand-tante a perdu la vie après s’être piquée sur une épine noire.

Sur les talus, le sceau-de-Salomon, le faux-muguet, finit de fleurir avant de présenter des fruits noirs, très toxiques. « Les enfants, il faut leur apprendre ; il faut leur faire peur. » Une grand-mère raisonnable rapporte qu’on disait aux enfants : « Cueillez des coucous si vous voulez et c’est tout ! »

A lire dans  Plantes mortelles, natures mortes, éditions Cahiers du Temps, 2013.

 

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