Roses en Normandie

La rose est au centre du jardin le plus somptueux comme du plus modeste. Au-delà de sa beauté et de son parfum, elle servait de remède et à fleurir les cérémonies…

Rose 'de Provins'
Rose ‘de Provins’, jardin d’Édith à Villedieu-les-Bailleul

De l’usage officinal de la rose au Moyen-âge subsiste, en certains jardins, la rose ‘de Provins’. Bien des grands-mères fabriquent toujours une eau de rose utilisée en cas d’affection des yeux. Parfois, l’application directe de pétales sur la paupière pouvait même suffire à les soulager.

Une grand-mère prenait les roses qui se fanaient, les laissait macérer dans du calva et « s’en passait sur la figure ».

Enterrer le cordon au pied d’un rosier
Autrefois, quand les femmes accouchaient à la maison, il était d’usage d’enterrer le cordon ombilical au pied d’un rosier dans le jardin, car le cordon ne devait ni « être jeté au fumier, ni mangé par des bêtes ». Traditionnellement, il y avait dans le jardin autant de rosiers que d’enfants nés.

Enterrer le cordon au pied du rosier
Enterrer le cordon au pied du rosier

A la naissance d’une fille, un peu partout en Normandie, la mère ou la marraine faisait un vœu pour qu’elle ait « une belle voix ou une belle chevelure ». D’autres affirmaient qu’ainsi « l’enfant serait en bonne santé ». Pour la naissance d’un garçon, la plupart des mères faisaient le vœu de « protéger les garçons des brûlures »…

Orner les cérémonies
À l’église, la rose est la fleur préférée de la sacristine, la personne qui orne les statues et les autels pour les fêtes de la paroisse.

Albéric Barbier, cimetière Mittois 14
Rose ‘Albéric Barbier’, cimetière Mittois 14

En 1995, une grand-mère de Jort, près de Falaise, a apporté au Jardin Conservatoire de Saint-Pierre-sur-Dives le rosier ‘de l’Ascension’ qu’elle tenait de sa famille, en expliquant que chaque année ce rosier est en fleur à l’Ascension…

Rosier de 'L' Ascension'
Rosier ‘de l’Ascension’

Or, la date de la fête de l’Ascension est mobile, calculée d’après celle de Pâques. Elle peut varier de trois semaines d’une année à l’autre
Éric Lenoir, spécialiste des roses normandes à qui elle a été confiée, est parvenu à l’identifier : il s’agit de ‘Pimprenelle Hardy’. Elle fut créée en 1828 par M. Girardon de Bar-sur-Aube qui la dédia à un autre rosiériste : Hardy. La Société française des roses pensait que ce rosier avait disparu…
C’est un petit rosier très épineux, aux feuilles finement découpées, dit à « feuilles de pimprenelle ». Avant de s’épanouir, le bouton est rose un peu vif. La fleur, d’un blanc pur, est double, plate, moyenne. Elle dégage un délicieux parfum d’agrume, assez citronné.

Rosier 'de la communion'
Rosier ‘de la communion’

Un autre rosier, le « rosier de la communion », a été recueilli dans le jardin du presbytère de Lisores. C’est une liane vigoureuse aux petites fleurs blanches en grappes, très parfumées.

Ces rosiers peuvent être échangés à l’occasion de bourses d’échanges de plantes.
Ils sont à découvrir au Jardin Conservatoire à Saint-Pierre-sur-Dives.

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