Dahlias normands

Au Mexique, d’où il est originaire, on mangeait le dahlia. Il en est allé autrement en Europe et plus tard en Normandie…

Dahlia : fleur ou légume ?

Dahlia simple
Dahlia simple

Observée sur les hauts plateaux au Mexique dès le XVIe siècle, introduite une première fois en Ardèche vers 1712, cette plante fut d’abord négligée en Europe. En 1803, les botanistes Bonpland et Humboldt observent un champ de dahlias en fleurs à près de 2000 mètres d’altitude.  Au retour de cette expédition en Amérique du Sud, ils relancent l’intérêt pour le dahlia avec succès : en 1828, les frères Jacquin, grainetiers à Paris, proposent un catalogue de 450 variétés. En parallèle, des essais sont faits pour le consommer : « Ni homme, ni bête ne voulurent manger feuilles ou tubercules à cause de leur odeur et de la fibrosité des racines », rapporte l’agronome Michel Vivier. (Jardins ruraux en Basse-Normandie, Collection Les Carnets d’ici, CRéCET, Caen, 1998)

Toutefois, durant l’Occupation, de nouvelles tentatives sont faites de consommer les tubercules du dahlia et même d’en extraire un alcool. Vainement.

Dahlia simple, catalogue A. Lenormand, Caen 1909
Dahlia simple, catalogue A. Lenormand, Caen 1909

En Normandie, à Vire, à la fin du XIXe siècle, la Maison Prével Frères, qui a la réputation d’ « obtenteur-producteur de premier plan », crée près de 300 variétés. A Lisieux, le 19 septembre 1840, Jules Oudin présente 240 variétés cultivées dans sa pépinière de Saint-Désir.

En 1892, la collection de J. Martin, jardinier à Vendeuvre est remarquée et récompensée lors de l’exposition horticole de Saint-Pierre-sur-Dives.

Après 1920, grâce à sa belle tenue en bouquets, le dahlia est utilisé pour fleurir les cérémonies. « J’apportais à l’église des dahlias pour les autels de la Vierge, de Saint-Joseph et pour le maître-autel », raconte Geneviève de Saint-Ouen-le-Houx.

Dahlia 'Deuil du roi Albert'
Dahlia ‘Deuil du roi Albert’

Dans son jardin, on trouve deux variétés remarquables. La première, le ‘Deuil du roi Albert’, violet à pointes blanches, est utilisée aussi pour les enterrements. L’autre variété est plus déconcertante ; elle a été identifiée par Jean Weinreich de la Société d’horticulture de la Côte-Fleurie sous le nom de ‘Pommier’. C’est un pompon panaché de rouge et de blanc, mais toujours de manière aléatoire et sans jamais se répéter ! Une variété encore commune dans les jardins normands, mais à préserver toutefois.

Dahlia 'Pommier'
Dahlia ‘Pommier’, rouge et blanc, jamais identique…

Obtentions régionales

En 1928, la graineterie Ernest Rosette, rue Saint-Jean à Caen, propose plusieurs obtentions de dahlias dédiées à des villes du Calvados :

Catalogue Ernest Rosette, Caen
Catalogue Ernest Rosette, Caen

‘Blonville’, forme cactus carmin brûlé

‘Cabourg’, décoratif jaune primevère

‘Caen 1926’, décoratif à grande fleur fraise écrasée et à longues tiges

‘Deauville’, décoratif solférino pourtour carmin

‘Dives’, décoratif jaune soufre, revers liliacé

‘Hennequeville’, décoratif rose malvacé

‘Houlgate’, cactus laque carmin

‘Le Home’, décoratif jaune soufre

‘Sallenelles’, décoratif rouge

‘Trouville’, décoratif rouge pêche

‘Villers-sur-Mer’, cactus rouge de Tyr

‘Villerville’, décoratif rouge fuschine.

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