Aimer les mauvaises herbes

Celles que l’on appelle les « mauvaises herbes »  qui envahissent le jardin, celles dont on a tant de mal à se débarrasser pourraient-elles être aussi  des  alliées ?

C’est lorsqu’une plante peut être utile qu’on change son regard sur elle et qu’on peut enfin l’apprécier…

Orpin blanc
Pourpier sauvage
Roquette vivace
Roquette vivace
Aegopode panaché
Aspérule odorante
Origan
Des herbes à manger

On cueille les pissenlits au printemps pour préparer de délicieuses salades. Pourquoi ne pas y ajouter quelques brins d’orpin blanc ou «trique-madame»  qui colonise les murs et les rebords de toits, ou le «poivre des murailles»  ? Ces deux petites plantes grasses servaient autrefois à agrémenter les salades. La première rosette des chardons se cuisine. En bord de mer, il est possible de récolter les jeunes feuilles de la roquette vivace. L’ail des ours est en train de faire sa place en grande cuisine pourtant c’est une «peste» qui envahit les espaces frais un peu ombragés comme entre Saint-Martin-de-la-Lieue et Lisieux. L’origan qui pousse sur les talus peut être adopté aussi pour parfumer les plats.  Le pourpier, considéré comme une mauvaise herbe des potagers, fait son retour en cuisine, en salade ou cuit comme l’épinard…

Des plantes remèdes

La guimauve, plante sauvage du littoral, était réputée pour soigner les maux de gorge. Le fenouil bâtard, plante vivace des bords de côte, était appelé «anis» et cultivé dans les jardins dans le sud du Pays d’Auge pour soigner les indigestions, aider à la montée de lait des mères et des nourrices.

Soigner ses bêtes

La tanaisie était ramassée et parfois cultivée dans les jardins mais à l’écart pour ne pas être trop envahissante. Elle servait en litière dans la niche des chiens et  dans les poulaillers  pour chasser les puces et les tiques. Le petit géranium «herbe à Robert» était donné comme  fortifiant pour démarrer les poussins.  Les lapins en sont très friands.

Orner le jardin

Plutôt que de vouloir chasser à tout prix la ficaire aux petites étoiles jaunes des bordures, ne pourrait-on pas l’utiliser comme couvert sous les arbustes ?  Et pourquoi ne pas ramener au jardin l’aspérule odorante, petite plante forestière commune en Pays d’Auge ? Elle garnira le sol sous les arbustes et sera la bienvenue pour parfumer les laitages.
Quant à l’aegopode, peut-on lui trouver un peu de charme en accueillant la variété foliis variegatis, dite panachée, mise à l’honneur au XIXe siècle dans les rocailles et les grottes créées un peu partout dans les jardins de Normandie ?

Ce sujet a été mis à l’honneur au Garden en fête de Cabourg, les 16 et 17 avril 2016.