Choux normands

A la fin du XIXe siècle, la terre normande a vu se créer de nombreuses variétés de légumes parfaitement adaptés aux conditions climatiques. Les choux y ont eu la meilleure part. Que sont devenues ces variétés  locales ?

Chou grappé de Cherbourg

Chou grappé de Cherbourg, chou prompt de Tourlaville, chou pommé de Mortagne blanc,  Milan très hâtif de Caen, hâtif de Dieppe, pommé de Tinchebray, de Mortagne à côtes violacées… Peut-on encore espérer retrouver quelques-unes de ces variétés ?

Des passionnés de jardin et de patrimoine se sont lancés dans cette aventure. A ce jour, ont été retrouvés le Tourlaville, le chou pommé de Louviers et un chou d’Ouessant qui pourrait être le « palmier du bocage » cité par Jules Lecœur.

Nous avons retrouvé les catalogues de cultivateurs grainiers :

  • Bazin-Guesdon à Sourdeval-la-Barre
  • A. Lenormand à Caen
  • E. Rosette à Caen
  • André Heusse à Lisieux
Catalogue  Bazin, Guesdon, Sourdeval-la-Barre, 1924 :

Chou grappé de Cherbourg

Chou prompt de Tourlaville, très hâtif, graine cultivée dans la Manche

Chou pommé de Mortagne blanc

Chou pommé de la Trappe gros

Chou pommé de Tinchebray

Chou de Mortagne à côtes violacées

Chou  Milan très hâtif d’Avranches

Chou  Milan très hâtif de Caen

Chou Milan hâtif de Dieppe

Chou Milan pied court d’hiver de la Manche

Chou-fleur dur de Cherbourg

Catalogue  A. Lenormand, Caen, 1909 :

Chou pommé  blanc de Tourlaville, (vrai)

Très hâtif ‘Lemarchand’, obtenu par M. Lemarchand, l’un de nos principaux cultivateurs maraîchers, qui le cultive en très grandes quantités et en plein champ

Chou grappé de Cherbourg

Chou pommé tardif gros, pied court de la Manche

Chou Milan gros, pied court de Caen, hâtif, extra

Chou Milan ordinaire, pied court de Caen, hâtif, extra

Catalogue  E. Rosette, rue saint-Jean, Caen, 1928 :

Chou cabus précoce de Tourlaville (variété très cultivée en Normandie pour la production de printemps)

Trois choux de deuxième et d’arrière- saison :

Grappé de Cherbourg, pomme moyenne, excellente variété à planter serré,

De Mortagne, variété à grand rendement, très cultivée en Normandie

Chou pommé tardif de la Manche

Chou de Milan court hâtif de Caen, très bonne variété un peu hâtive, craint un peu les gelées

Chou de Milan ordinaire de Caen, variété très recommandable, pomme moyenne dure, de bonne qualité, résiste bien au froid

Chou brocolis tardif de Caen, pomme énorme,  se récolte en mai

Catalogue  André Heusse, succ. Bassières, rue Pont-Mortain, Lisieux, 1937 :

Chou  Milan d’Avranches

Chou pommé de Louviers extra, récolte de Louviers, (vrai)

Chou pommé de Tourlaville, (vrai) extra

Chou grappé de Cherbourg

Chou pommé tardif Mortagne, extra

Chou pommé tardif de la Trappe

Chou pommé du Pin

Chou de Milan ou pommé frisé d’Avranches, hâtif

Chou de Milan ou pommé frisé de Caen, extra

Catalogue  Le Paysan, 1947 :

Chou très hâtif de Louviers (variété se rapprochant du chou cœur de bœuf moyen mais à pomme plus large et plus arrondie, un peu moins précoce

Chou pommé précoce  de Tourlaville (prompt de Caen). Variété à pomme assez haute. Convient pour la culture de primeurs précoce et vigoureuse.

Chou cœur de bœuf gros, chou de Cherbourg, chou grand-père

Chou  de Mortagne blanc. Pied court, belle grosse pomme aplatie et blanche

Graines Caillard , Vimoutiers, 1937 :

Chou de Mortagne blanc

Chou de Tourlaville

Culture de choux verts ou chou canne  et  de chou bouture 

 « Chou cavalier ou chou en arbre, peut atteindre jusqu’à deux mètres de hauteur. C’est avec la tige de cette variété que l’on fait les cannes de chou, de vente courante à Jersey et sur le littoral de la Normandie. » (D’après Désiré Bois,  Les plantes alimentaires chez tous les peuples et à travers les âges,  vol. I, 1927)

Dans l’Orne, on cultive un chou cavalier le « chou canne ». Les feuilles sont données à manger aux lapins. La tige est courbée, puis séchée pour en faire une canne solide et durable.

« Les choux verts sont demeurés le légume favori du paysan et de bien des citadins. Hauts souvent de plus de six pieds, leurs feuilles vert tendre, où la pluie et la rosée sèment des perles d’argent, s’épanouissent en panache au sommet du tronc élancé, comme celles d’un palmier. De là sans doute le nom de palmiers du Bocage qu’on leur a donné. Il n’est pas un jardin qui n’en ait de larges carrés ; chaque jour, soir et matin, la ménagère les plume pour la soupe, pour l’abreuvée des bestiaux et des porcs, qui les mangent crus, mincés et mêlés à l’eau de son et de farine. » (D’après Jules Lecœur, Esquisses du bocage normand, 1883)

Dans les jardins du Pays d’Auge, on cultivait deux espèces de chou perpétuel, le « chou bouture » appelé aussi « chou des familles », qui fournissait toute l’année des pousses bien vertes. (A découvrir plus en détails).