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Dierville, de Pont-l’Evêque jusqu’en Acadie

Au XVIIe siècle, Dierville, chirurgien à Pont-l’Évêque, s’embarque pour l’Acadie à la recherche de plantes pour le jardin du roi. Mais qu’allait-il faire en Acadie ?
Dierville est un inconnu en Normandie, tandis qu’il est réputé pour ses écrits en vers  et ses récits de voyage au Québec et dans le reste du Canada. Mais il reste toutefois un personnage énigmatique…

Selon le chercheur québécois, Normand Doiron, professeur de littérature française de l’université McGill de Montréal, les Dières sont originaires d’Irlande et s’établissent à Pont-l’Évêque au XVIIe siècle. Vers 1648, le père, Marin Dières, chirurgien des armées du roi, épouse Marie Goguet des Ardillers, fille du maire de La Rochelle. Ils ont quinze enfants, dont huit sont baptisés à Pont-l’Évêque.
Marin, du même prénom que son père, est baptisé le 24 juillet 1653. A propos de son prénom, il écrira : « N’ayant pour tout que le nom de Marin, j’enviois le courage de tous ces matelots. »
A partir de 1682, le jeune Dières se fait connaître dans les milieux littéraires par des pièces en vers publiées dans la revue Mercure Galant, qu’il signe « Dières du Pontlesvesque ».

Chasseur de plantes en Acadie

Le 20 août 1699, à 46 ans, Dières embarque sur la Royale Paix au départ de La Rochelle pour Port-Royal (aujourd’hui Annapolis Royal) en Acadie. Dans son ouvrage, la Relation du voyage du Port-Royal de l’Acadie,  il précise le but de son voyage  qui est de collecter en Acadie des plantes médicinales pour le jardin du roi :
« Mille plantes, diverses herbes,
Que la terre y produit sous les sapins superbes
Et que pour la santé des hommes, Dieu y créa,
Ne se trouve point dans nos terres,
Il faut aller les chercher là.
J’étais chargé du soin glorieux d’en cueillir
Pour le jardin royal du plus grand des monarques…»
Après une traversée de 54 jours, pénible voyage qu’il raconte avec d’infinis détails, il séjourne un an en Acadie :
« Notre Vaisseau sembloit voler,
A peine tenoit-on sur la table la soupe… »
Pour honorer sa mission, il rapporte au moins 25 plantes, confiées au botaniste Tournefort et toujours conservées au Muséum d’histoire naturelle à Paris.

Il ne semble pas rapporter de plantes médicinales. Dans son récit, il décrit comment soigner avec le petun, nom local du tabac et cite également la recette d’une bière de sapin : « La fabrication de la bière de sommités de sapin, dont on fait une décoction qu’on entonne dans une barrique, où il y a du levain et de la mélasse qui est une espèce de sirop de sucre. Tout cela fermente ensemble deux ou trois jours… »
A la lecture de son récit, on dirait qu’il rentre quasiment bredouille de ses explorations. Mais alors quelle était sa mission réelle en Acadie que les Anglais tentaient déjà d’annexer ?…
A son retour, le 20 novembre 1700, il reprend ses activités d’écriture et la médecine. Le 24 novembre 1701, il est reçu chirurgien à l’hôpital général de Pont-l’Évêque.
Son récit en vers et prose,  Relation du voyage du Port-Royal de l’Acadie, paru à Rouen en 1708,  est traduit et publié à Londres en 1714, puis en langue allemande en 1751.

Plante rapportée par Dierville (détail)
En hommage à Dierville

Les botanistes lui dédient le genre Diervilla, un type de plantes découvert en Amérique du Nord. Le Diervilla lonicera ou herbe bleue est un petit arbuste à fleurs jaune pâle en forme de cloches soudées par deux à l’extrémité d’une longue tige. Il fleurit en juin.
Durant trente ans, on n’entend plus parler de Marin Dières en Normandie et il meurt à Pont-l’Évêque le 6 octobre 1738. Il tombe dans l’oubli en Pays d’Auge tandis qu’entre 1885 et 1997 plusieurs publications et éditions critiques paraissent à Québec, Toronto et Montréal.
A Caraquet, au musée de cire de l’Acadie, une scène montrait Dierville dans sa cabine de bateau, en train de rédiger sa Relation du voyage du Port-Royal de l’Acadie. Cette exposition a été démontée et, aujourd’hui, il n’en subsiste qu’une trace sur Internet, où une image a pu être recueillie et restaurée par le photographe Rodolphe Murie.

Rose de deuil

Jusqu’au début du XXe siècle, il était d’usage d’apporter des couronnes de perles tressées pour honorer les défunts. Ce n’est qu’après la guerre de 1914-1918 que l’habitude est prise de fleurir les tombes et les enterrements.

Pas de fleurs aux enterrements

Dans la revue  La semaine religieuse  de 1887 est rappelée une décision du synode de Gand :

« Pour mettre fin à l’abus véritable de fleurs, de bouquets et de couronnes dans les funérailles, le synode de Gand a statué que :

Article 1 : L’emploi des fleurs à l’enterrement des adultes est désapprouvé, et il est à souhaiter que cet usage disparaisse.

Article 2 : Il est strictement prohibé aux funérailles des ecclésiastiques. Pour les prêtres, la défense est absolue. »

Pour respecter cette règle, dans chaque bourg, dès la fin du XIXe siècle,  on trouve un atelier de fabrication ou d’assemblage de couronnes en perles de verre. Le plus souvent, le motif en est un bouquet de fleurs.

On peut encore apercevoir ces couronnes dans les chapelles des cimetières. Abritées du soleil et de la pluie, elles ont conservé leurs couleurs.

Couronne, cimetière Livarot
Des fleurs à l’église…

Vers 1920, les usages changent… et les fleurs entrent à l’église. Le curé de Lisores, près de Vimoutiers, voulait « des fleurs à l’église tous les jours ».

Pour les funérailles, les horticulteurs vont s’efforcer de créer ou de rechercher des variétés de roses d’un pourpre le plus sombre possible.

L'Evêque
William Lobb

Ces roses vont également apparaître dans les petits jardins. Deux d’entre elles ont été identifiées en Pays d’Auge : ‘ William Lobb ‘, un rosier mousseux et ‘ l’Évêque ‘ à la floraison prolifique. Si ces deux roses sont cultivées à l’ombre, leur teinte peut devenir presque noire.
Une rose au ton un peu plus lumineux, ‘Tuskany’, a été retrouvée près de Jort.

Roses en Normandie

La rose est au centre du jardin le plus somptueux comme du plus modeste. Au-delà de sa beauté et de son parfum, elle servait de remède et à fleurir les cérémonies…

 La rose de Provins

De l’usage officinal de la rose au Moyen-âge subsiste, en certains jardins, la rose ‘de Provins’. Bien des grands-mères fabriquent toujours une eau de rose utilisée en cas d’affection des yeux. Parfois, l’application directe de pétales sur la paupière pouvait même suffire à les soulager.

Une grand-mère prenait les roses qui se fanaient, les laissait macérer dans du calva et « s’en passait sur la figure ».

Rose 'de Provins'
...au pied du rosier
Orner les cérémonies

À l’église, la rose est la fleur préférée de la sacristine, la personne qui orne les statues et les autels pour les fêtes de la paroisse.

En 1995, une grand-mère de Jort, près de Falaise, a apporté au Jardin Conservatoire de Saint-Pierre-sur-Dives le rosier ‘de l’Ascension’ qu’elle tenait de sa famille, en expliquant que chaque année ce rosier est en fleur à l’Ascension…. Or, la date de la fête de l’Ascension est  mobile, calculée d’après  celle de Pâques. Elle peut varier de trois semaines d’une année à l’autre

Éric Lenoir, spécialiste des roses normandes à qui elle a été confiée, est parvenu à l’identifier : il s’agit de  ‘Pimprenelle Hardy’. Elle fut créée  en 1828 par  M. Girardon de Bar-sur-Aube qui la dédia à un autre rosiériste : Hardy. La Société française des roses  pensait que ce rosier avait disparu…

C’est un petit rosier très épineux, aux feuilles finement découpées, dit à « feuilles de pimprenelle ». Avant de s’épanouir, le bouton est rose un peu vif. La fleur, d’un blanc pur, est double, plate, moyenne. Elle dégage un délicieux parfum d’agrume, assez citronné.

Enterrer le cordon au pied d’un rosier

Autrefois, quand les femmes accouchaient à la maison,  il était d’usage d’enterrer le cordon ombilical au pied d’un rosier dans le jardin, car le cordon ne devait ni « être jeté au fumier, ni mangé par des bêtes ». Traditionnellement, il y avait dans le jardin autant de rosiers que d’enfants nés.

A la naissance d’une fille, un peu partout en Normandie, la mère ou la marraine faisait un vœu pour qu’elle ait « une belle voix ou une belle chevelure ». D’autres affirmaient qu’ainsi « l’enfant serait en bonne santé ». Pour la naissance d’un garçon, la plupart des mères faisaient le vœu  de « protéger les garçons des brûlures »…

Rose de la communion

Un autre rosier, le « rosier de la communion », a été recueilli dans le jardin du presbytère de Lisores. C’est une liane vigoureuse aux petites fleurs blanches en grappes, très parfumées.

Ces rosiers peuvent être échangés à l’occasion de bourses d’échanges de plantes.
Ils sont à découvrir au Jardin Conservatoire à Saint-Pierre-sur-Dives.

Herbe aux vers et herbe aux puces

En Pays d’Auge, dans les poulaillers ou dans la niche du chien, on faisait une litière de tanaisie pour chasser les tiques et les puces.

L’herbe aux puces

Ce qu’on appelle « herbe aux puces » est en fait la pulicaire (Pulicaria dysenterica),  une  plante des marais, des prairies humides  et des fossés que les anciens utilisaient pour chasser les puces. Cet usage en est, semble-t-il, oublié. Par contre, la tanaisie est toujours utilisée à cet effet.

Herbe aux puces
L’herbe aux vers

La tanaisie vulgaire (Tanacetum vulgare) pousse dans les friches, sur les talus secs. Elle a été cultivée dans de nombreux jardins du Pays d’Auge pour que l’on puisse s’en servir en cas de besoin. Elle servait à éloigner les puces et les tiques des animaux. Les feuilles, très découpées, sont fortement parfumées. Les fleurs jaunes  s’épanouissent à la fin de l’été. On la mettait dans la niche des chiens, dans les poulaillers, sous le joug où se perchent les poules. Elle était aussi suspendue en bouquets dans les étables pour le même usage.

Tanaisie

La tanaisie est aussi appelée « herbe aux vers ».  « On posait des feuilles de l’herbe aux vers sur le ventre des enfants pour les faire descendre », racontent les anciens.  Pour les adultes, on préparait un vin appelé « chartreuse ». Des feuilles de  tanaisie étaient mises à macérer dans du vin blanc.

La tanaisie en cuisine

La tanaisie sert aussi parfois en cuisine. A Lisieux, une famille préparait la pâte à crêpes de la Chandeleur en la « parfumant »  avec une jeune pousse de tanaisie crispée, cultivée au jardin. La tanaisie était finement coupée et mêlée à la pâte. La tanaisie crispée est une espèce ornementale peu commune, à la mode au XIXe siècle. Elle est conservée dans quelques jardins comme à Lisieux et à Grandmesnil.

Un ancien de Saint-Michel-de-Livet, près de Livarot, raconte cette pratique : « Après les foins, on allait ramasser des moules au bord de la mer. Pour les parfumer, à la cuisson, on mettait un brin de tanaisie ».

L’herbe aux picots

Les anciens l’appellent   l’ « herbe aux picots »  ou « millefeuille ». Cette modeste plante sauvage ramassée sur les talus et dans les prés est utilisée pour fortifier les volailles délicates de la basse-cour.

L’herbe aux picots

Mais plus loin dans les prairies au sol un peu sec fleurit l’  « herbe aux picots » ou achillée millefeuille, Achillea millefolium. On la reconnaît à ses feuilles aux multiples découpes fines, un peu rudes au toucher. Sa fleur, en ombelle blanche serrée, prend une teinte rose grenat en fin de floraison.

Dans les jardins, les horticulteurs ont sélectionné et élaboré des variétés aux teintes pastel qui vont de l’ocre au rose soutenu. La floraison dure tout l’été jusqu’aux gelées. A découvrir chez les pépiniéristes du Pays d’Auge

Le picot ou dindon

Le « picot » désigne le dindon en Normandie. C’est une  bête fragile qui demande un soin particulier. Vers l’âge de deux mois, « quand le rouge monte, il faut leur donner des graines d’ortie ou du millefeuille », raconte Roland.  Les anciens allaient cueillir l’herbe aux picots, la coupaient finement, et la mélangeaient à du poivre et du jaune d’œuf dur : « On les démarrait avec du jaune d’œuf broyé, des grains de poivre et du millefeuille. »

Marguerite rapporte aussi qu’ « on donnait aux oies une pâtée faite de farine d’orge et de millefeuilles ». Ces témoignages sont extraits de  Plantes remèdes en Pays d’Auge, éditions Montviette Nature, novembre 2008.

Cette plante a aussi été utilisée pour soigner la gale des moutons.

Le terme d’ « herbe aux picots » est attesté par Louis Dubois dans le Glossaire du patois normand, Lisieux, 1856.

L’Herbe à savon

Certaines grands-mères  savent encore reconnaître au bord des chemins les herbes pour savonner, rincer, raviver les couleurs ou parfumer le linge.

Dans les périodes de disette, quand le savon vient à manquer, les femmes se rendent au bord des ruisseaux ou au pied de quelques talus secs pour y cueillir  l’ « herbe à savon »La saponaire officinale, Saponaria officinalis,  est une plante vivace, traçante, qui fleurit en août et septembre. Toutes les parties de la plante et surtout la racine moussent lorsqu’elles sont froissées dans l’eau.

Au Moyen-âge, elle est utilisée pour dégraisser la laine des moutons et est appelée « herbe à foulon ». Elle a également servi  à nettoyer les plaies des lépreux, les dartres, la gale et l’eczéma.
La saponaire officinale est devenue une plante ornementale dans les jardins. La variété à fleurs doubles ‘Plena’ est réputée pour sa floraison tardive en septembre.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a remplacé le savon manquant : « Je me souviens que ma grand-mère me lavait le visage avec la fleur. Ça sentait bon» 

Pour rincer : iris et grande aunée
Dans un fossé à Grandmesnil (14)

« Le jour de la lessive, on n’arrose jamais les jardins, de crainte qu’il ne pleuve, raconte Bernadette. On faisait deux grandes lessives par an pour laver tout le linge blanc.  Il était déposé dans un cuveau. Sur le dessus, on place une étamine pleine de cendre de bois de pommier et de feuilles de laurier sauce. Avec le pucheux, on passe de l’eau bouillante que l’on recueille en bas du cuveau, que l’on réchauffe et repasse sur le linge. »

Au rinçage,  on utilise de la racine d’iris des marais, Iris pseudacorus, ou d’iris des jardins pour redonner toute sa fraîcheur au linge. Dans quelques familles, on va arracher de la racine d’aunée à grandes feuilles, Inula helenium, plante sauvage naturalisée sur les talus et quelques fossés du Pays d’Auge et du littoral ouest du Cotentin. A cet usage, elle fut cultivée dans les jardins. Sa racine dégage une agréable odeur de violette.

Le lierre ravive le noir

Le noir était porté très jeune dans les familles : au début du XXe   siècle,  la mariée est parfois vêtue  de noir. Dès le premier deuil dans la famille, les vêtements sont teints par la ménagère, ou confiés à la teinturerie. Mais cette couleur passe exposée à la lumière. Pour lui redonner sa brillance, les femmes mettent à tremper les vêtements de deuil avec des feuilles de lierre, Hedera helix.

Le muguet des armoires

Quand la lessive a séché, étendue sur des cordeaux entre les pommiers dans la cour de la maison, le linge est soigneusement rangé dans les armoires. Pour lui conserver toute sa fraîcheur, on glisse entre les piles de draps de petits bouquets de « muguet des armoires » ou aspérule odorante, Asperula odorata. Cueillie dans les bois de hêtres, c’est une petite fleur blanche discrète et sans odeur. C’est seulement lorsqu’on la coupe qu’elle dégage un agréable parfum d’amande. Le botaniste Louis-Alphonse de Brébisson signale son usage et son nom de « muguet des armoires » dans sa Flore de Normandie publiée en 1835.
Les fleurs de lavande cueillies à la fin de l’été, emballées dans de petits sachets de papier de soie, sont glissées entre les piles de draps de lin ou de coton.

Les  garde-robes

L’aurone,  Artemisia abrotanum, est cultivée depuis le Moyen-âge comme plante médicinale. C’est une armoise au feuillage finement découpé,  utilisée pour stimuler la digestion et comme vermifuge.

Dans les armoires, on suspend un rameau d’aurone pour  parfumer le linge et en éloigner les insectes.

La santoline, Santolina chamaecyparissus, est utilisée pour ses propriétés identiques : dans les armoires, elle sert de « garde-robe » en éloignant les mites. Le terme de « garde-robe » est attesté par Louis Dubois dans le Glossaire du patois normand, Lisieux, 1856.

Arum et colchique

Les enfants, on leur disait : « Cueillez des coucous et c’est tout ! ». On leur interdisait de cueillir les fruits rouges ou noirs sur le bord des talus. « C’est tentant ça ressemble à de petits bonbons rouges… »

Renée se souvient d’une histoire de son enfance : “C’est comme un épi de maïs ; c’est rouge. On avait une petite voisine tout près à Moyaux.  Soi-disant qu’elle a mangé ça. Elle est décédée. Elle était d’une famille de onze enfants. Elle avait deux ou trois ans. C’est tentant :  ça ressemble à de petits bonbons rouges…”

 

'Faux arum', Arum maculatum, photo Rodolphe Murie

 

Une tombe près de l’if dans le cimetière : « A notre chère Juliette, enlevée à notre affection le 3 septembre 1922 dans sa neuvième année. » Juliette avait consommé les baies d’un arum sauvage… « C’est la sœur à Thérèse. Elle a mangé des boules dans le pied de la haie… » Montviette

« Ça fait comme une chandelle au milieu de la fleur… » Mittois

A Ticheville, comme ailleurs, la même mise en garde :  « Le ‘faux arum’ qui fait une tige au milieu avec des graines, ça a toujours été dit que c’était mortel… »

Aujourd’hui, on ne signale plus de bêtes mortes d’avoir mangé des colchiques car depuis le couchage en herbe, à la fin du XIXe siècle, les éleveurs n’ont eu de cesse de se débarasser des colchiques qui poussaient dans les prairies fraîches.
« ‘La colchique‘, c’est poison dans les herbages. » Camembert
Au Breuil-en-Auge, Geneviève raconte  : « Celui qui en a dans ses champs, c’est terrible ! Les fleurs, c’est comme les tulipes : ça se propage par les oignons.  Le pire, c’est dans les prés à faucher. Quand on fauchait, c’était en foin et on ne les voyait plus. »
« Les colchiques, on les déracinait. Quand c’est sec, c’est là que c’est dangereux… » Roland à Ecorches
Marguerite de  Escures-sur-Favières, explique : « Les gens ramassaient des colchiques ‘sèches’  dans le foin. Et les bêtes crevaient l’hiver suivant ».
« ‘La colchique’, dès qu’on en voyait, on s’empressait de l’arracher ». Montviette
« Des colchiques, on en avait dans un petit pré qui appartenait à un nommé Averty. Ça pousse à l’arrière-saison. On mettait les bêtes dans le pré avant qu’ils se mettent en fleurs. » précise Louise de Saint-Martin-du-Mesnil-Oury

 

 Colchique, Colchicum autumnale

Animaux et végétaux font la météo

Quand le champignon pleure, quand les chats font les fous, quand les hirondelles volent bas… Autant de signes qui permettaient aux anciens de se préparer aux changements de temps.

Observer les oiseaux

« Le cri du « pleu-pleu » annonce la pluie. » « Pleu-pleu » est le nom donné au pic-vert par les anciens. « Quand les hirondelles volent bas, c’est signe d’eau. » En effet, quand le temps est lourd, les insectes volent bas. Les hirondelles sont obligées de voler au ras du sol pour les attraper. « Quand il commence à pleuvoir, si les poules restent au milieu de la cour, il va pleuvoir longtemps. Si elles s’abritent, l’averse sera courte. »

le pic
« Les vaches sentent l’orage »

« Quand les vaches courent la queue en l’air, c’est signe de coup de vent ou d’orage. »

Habituellement, les vaches pâturent paisiblement ou sont couchées en train de ruminer.

« Quand les chats font les fous, c’est signe d’eau. »

« Si le chat se passe la patte par-dessus l’oreille, c’est qu’il va pleuvoir. » En effet, les tendons des chats se détendent quand l’air est humide. Ils peuvent donc se passer la patte par-dessus l’oreille.

Des feuilles pour prévoir le temps

« Si les feuilles de hêtre ramassées à la Toussaint et disposées dans une assiette deviennent sèches et craquantes,  l’hiver sera  doux. Si les feuilles sont  humides et molles, l’hiver sera dur. »

« Par temps clair et ciel bleu, si les feuilles de peuplier se mettent à tourbillonner sur elles-mêmes, un orage se prépare dans l’heure. »

« Quand le frêne devance le chêne, année sous la pluie. »