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Arum et colchique

 Les enfants, on leur disait : « Cueillez des coucous et c’est tout ! ». On leur interdisait de cueillir les fruits rouges ou noirs sur le bord des talus. « C’est tentant ça ressemble à de petits bonbons rouges… »

Renée se souvient d’une histoire de son enfance : “C’est comme un épi de maïs ; c’est rouge. On avait une petite voisine tout près à Moyaux.  Soi-disant qu’elle a mangé ça. Elle est décédée. Elle était d’une famille de onze enfants. Elle avait deux ou trois ans. C’est tentant :  ça ressemble à de petits bonbons rouges…”

 

Une tombe près de l’if dans le cimetière : « A notre chère Juliette, enlevée à notre affection le 3 septembre 1922 dans sa neuvième année. » Juliette avait consommé les baies d’un arum sauvage… « C’est la sœur à Thérèse. Elle a mangé des boules dans le pied de la haie… » Montviette

Ça fait comme une chandelle au milieu de la fleur… Mittois

A Ticheville, comme ailleurs, la même mise en garde :  Le ‘faux arum’ qui fait une tige au milieu avec des graines, ça a toujours été dit que c’était mortel…

‘Faux arum’, Arum maculatum, photo Rodolphe Murie

Aujourd’hui, on ne signale plus de bêtes mortes d’avoir mangé des colchiques car depuis le couchage en herbe, à la fin du XIXe siècle, les éleveurs n’ont eu de cesse de se débarasser des colchiques qui poussaient dans les prairies fraîches.
« ‘La colchique‘, c’est poison dans les herbages. » Camembert
Au Breuil-en-Auge, Geneviève raconte  : « Celui qui en a dans ses champs, c’est terrible ! Les fleurs, c’est comme les tulipes : ça se propage par les oignons.  Le pire, c’est dans les prés à faucher. Quand on fauchait, c’était en foin et on ne les voyait plus. »
« Les colchiques, on les déracinait. Quand c’est sec, c’est là que c’est dangereux… » Roland à Ecorches
Marguerite de  Escures-sur-Favières, explique : « Les gens ramassaient des colchiques ‘sèches’  dans le foin. Et les bêtes crevaient l’hiver suivant ».
« ‘La colchique’, dès qu’on en voyait, on s’empressait de l’arracher ». Montviette
« Des colchiques, on en avait dans un petit pré qui appartenait à un nommé Averty. Ça pousse à l’arrière-saison. On mettait les bêtes dans le pré avant qu’ils se mettent en fleurs. » précise Louise de Saint-Martin-du-Mesnil-Oury

 Colchique, Colchicum autumnale